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Non la Turquie ne menace pas tout le monde!
Patrick Devedjian, l’homme politique français d’origine arménienne, a déclaré que la Turquie est un pays qui menace tout le monde.[1] Il a fait cette déclaration suite à la crise diplomatique entre la France et la Turquie provoquée par le vote de la loi sur le génocide arménien par le parlement français. Mais est-ce que le monde en général et l’Afrique en particulier se sentent réellement menacés par la Turquie comme le déclare Patrick Devedjian ? En 2008 la Turquie a accueilli à Istanbul le premier sommet turco-africain pour lancer établir les premiers rapports économiques et politiques avec l’Afrique[2], mais bien avant ce sommet il y a eu toujours à Istanbul la première rencontre des leaders religieux musulmans africains. Et la deuxième édition de cette rencontre s’est déroulée du 21 au 25 novembre 2011à Istanbul et à Ankara. Quarante cinq pays ont été cette fois-ci invités par Diyanet, la Présidence des Affaires religieuses turque. Et parmi ces quarante cinq pays il y avait des pays de l’Océan indien comme Madagascar, Iles Comores, Ile Maurice, et la Réunion, et ceux des Iles Caraïbes comme le Haïti malgré le faible taux de la population musulmane dans ce pays car il est actuellement moins de 1%. L’ouverture de cette deuxième rencontre a eu lieu à Istanbul et elle a été présidée par le Professeur Mehemet Görmez, le Président de Diyanet. Evidemment, il y avait pour cette deuxième édition, comme pour la première, plusieurs invités d’honneur dont Abu Bakar Ibn Umar Garbai El-Kanemi le Sheikh de Bornou, Ahmed Abdallah Muhammad Sambi, l’ancien Président des Iles Comores, Laroussi Mizouri, le Ministre tunisien des Affaires religieuses, etc.;
Certainement, la Turquie cherche à travers ce genre de rencontres à revivifier et à renforcer les relations qu’elle a eues avec l’Afrique pendant l’époque ottomane ou même pendant l’époque abbasîde comme l’historien et l’africaniste turc, Docteur Ahmet Kawas, a tenu à le rappeler dans son discours : «Les Turcs se sont intéressés à l’Afrique à l’époque abbasside dans lequel ils étaient soldats dans l’armée qui a été envoyée en Egypte.(…) L’empire ottoman était représenté en Afrique par ses départements: Algérie (1516-1848), la Tunisie (1574-1881), la Libye (1551-1912), l’Egypte (1517-1882), l’Abyssinie (1550-1916) ». Si la Turquie a eu, au temps des abbasides et des ottomans, une influence en Afrique essentiellement grâce à son armée et sa flotte elle cherche aujourd’hui à avoir une nouvelle influence sur ce continent grâce à son pouvoir économique et son savoir religieux, culturel, et technique. Mais toutes les personnalités turques qui ont pris la parole dans ce congrès, allant du Professeur Mehemet Görmez, le Président de Diyanet jusqu’au Premier ministre turc Recep Tayeb Erdogan, en passant par le Président du TIKA, ont martelé que non seulement la Turquie n’a aucune prétention de coloniser à son tour l’Afrique, mais elle voudrait aussi l’aider à se libérer du poids culturel colonial qui freine son développement économique. Et c’est dans ce cadre que la Turquie fait venir d’Afrique des centaines d’élèves et d’étudiants pour les former dans ses écoles et ses universités pour les former en théologie, en sciences, en lettres, en technologie, en médecine, etc., De même qu’elle a ouvert des écoles, des collèges, des lycées, et des instituts dans certains pays d’Afrique. Pendant que la France est en train de durcir l’entrée et le séjour des étudiants étrangers surtout les étudiants africains sur son territoire la Turquie de les accueillir à bras ouverts. Evidemment, les membres de cette future élite africaine, bilingue voire polyglotte, formée en Turquie seront dans quelques années les meilleurs ambassadeurs de la Turquie en Afrique. D’ailleurs, il y avait une grande émotion dans la salle, le jour de la clôture des rencontres à Ankara, quand la chorale des jeunes lycéens africains chantait successivement en langue turque et en arabe.
Sur le plan économique aujourd’hui plusieurs entreprises turques sont installées sur le continent africain où elles apportent leurs savoir-faire dans beaucoup de domaines. [3] Et plusieurs ONG turques interviennent aussi en Afrique pour venir en aide aux populations sinistrées d’Afrique. Ces ONG dont certaines sont soupçonnées d’avoir des liens avec des extrémistes islamiques, certainement à cause de leurs actions militantes dans certaines régions du monde notamment au Proche-Orient, font jusqu’à preuve de contraire du bon travail sur tout le continent africain. En tout cas personne en Afrique ne les soupçonne pour l’instant de vouloir importer, à travers leurs actions humanitaires, une quelconque vision extrémiste de l’Islam.[4] Donc les pays africains dont les relations économiques, culturelles, et diplomatiques ne font que se développer depuis quelques années avec la Turquie ne seront certainement pas de l'avis du député français d'origine arménienne. D'ailleurs même en France certains Français et hommes politiques ne partagent pas avec lui cet avis. [1] http://www.lemonde.fr/politique/article/2011/12/27/pour-devedjian-la-turquie-est-un-pays-qui-menace-tout-le-monde_1622968_823448.html 5 janvier 2012 |
Hadith du jourSelon Ibn 'Omar (Que Dieu soit satisfait de lui et de son père) lorsque le Prophète (Que les bénédictions et la paix de Dieu soient sur lui) rompait le jeûne, il disait : "La soif est étanchée, les veines sont hydratées et la récompense est sûre, si Dieu le veut!" (Hadith rapporté par Abou Daoud)
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